Billet

blog-post-featured-image

Bunny

Coup de cœur ! ❤️




Bunny, Mona Awad

Editions Harper Collins

Je suis peut-être un peu trop habituée au genre horrifique, mais je trouve le bandeau de ce livre plutôt racoleur : « Une descente hallucinée dans l’horreur » me semble un poil exagéré ! En revanche, culte et inoubliable, pourquoi pas. Une très bonne lecture en tout cas !

Si vous avez aimé le film The Craft (ou Dangereuses Alliances en français), vous aimerez retrouver cette ambiance de fausse sororité, de manipulation et de pouvoirs inattendues.

Loin des apprenties sorcières (quoique…), Bunny se déroule dans la très chic et prisée université d’arts de Garenn, dont le cursus d’écriture attire l’élite. Samantha Mackey, boursière parmi les riches, morose au milieu des sourires éclatants, jugée trop agressive et violente dans ses textes, peine à se faire une place.

Face à elle, la clique des « Bunnies » : quatre filles riches, indissociables, évoluant dans un univers pastel fait de cupcakes et de paillettes, aux textes insipides et nombrilistes. Même si Samantha les déteste, elle ne peut s’empêcher de les observer, car elles, au moins, se soutiennent mutuellement. Alors, quand elles lui entrouvrent la porte de leur monde, Samantha ne résiste pas à l’envie d’y jeter un œil…

J’ai beaucoup aimé les métaphores du processus de création qui structurent le récit, ainsi que la manière dont le roman met en scène des questions récurrentes en art : quand une œuvre est-elle finie ? Quand peut-on la considérer comme réussie ? Quels sont les critères de jugement, et surtout, qui est légitime pour dire quoi ? Comment sortir des normes et des attendus ? À travers ces interrogations, le texte aborde la lutte des classes, les complaisances artistiques et les méthodes créatives. Tout le monde en prend un peu pour son grade : aussi bien les personnes médiocres persuadées que tout ce qu’elles touchent se transforme en or, que la figure de l’artiste maudit et subversif qui s’y complaît un peu trop, ou encore l’enseignant qui se rêve mentor mais se contente de jouer un rôle et passe à côté de ses élèves. On parle aussi féminisme et solitude. Autant de thématiques qui se croisent et se mêlent, portées par des personnages légèrement caricaturaux mais jouissifs, le tout au service d’une histoire assez… explosive !

Il y a bien un peu de sang et quelques éclaboussures, mais rassurez-vous : la lecture reste très accessible, même pour les âmes un peu sensibles ! On en ressort plus déstabilisé qu'horrifié 😉


Écrit par Amandine Deconynck