Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?
Coup de cœur❤️
Editions POL
Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer exactement ? Une question terrible et innocente à la fois.
Jennifer, la narratrice, cherche à achever une phrase surgie dans son esprit et restée en suspens : « Devant, autant en emporte le vent, Viviane Leigh et Clark Gable vont s'embrasser quand quelqu'un appuie sur pause et... » Incapable de la terminer, sa mémoire semble bloquée.
Ce blanc devient une obsession et le point de départ d'une enquête à la fois burlesque et inquiétante. Et lorsque sa mémoire accepte de livrer un peu de contexte, d'autres questions surgissent, dont celle qui donne son titre au roman : que fait en effet ce sang sur le pull de Jennifer ?
Jennifer interroge sa famille et reconstitue avec obstination et précision une scène de son enfance, jusqu'au nuancier des papiers peints des années 80 dans l'appartement de feu son grand-père à Perpignan ! Elle cherche à retrouver la fin de cette phrase et, avec elle, un pan enfoui de son passé.
Pourquoi un tel stratagème ? Parce que c'est plus facile que de creuser auprès des femmes de sa famille, que l'on devine soumises ou toxiques, n'hésitant pas à réécrire le passé pour mieux s'en accommoder. On comprend alors pourquoi Jennifer prend autant de détours pour explorer sa mémoire : lorsqu'il faut autant marcher sur des œufs, chaque mot, chaque question innocemment posée peut provoquer un véritable cataclysme, jusqu'à l'épuisement et l'abandon de toute recherche.
Une enquête extrêmement prenante, mais dont la résolution m'a un peu laissé sur ma faim. C'est une fin à la hauteur de la vraie vie, mais parfois, on aimerait plus de fureur et d'affirmation de la part de personnages auxquels on s'est tant attaché.
Écrit par Amandine Deconynck