A voix haute
Coup de cœur ! ❤️
Editions de l'Olivier
J'ai découvert, après avoir fini, que À voix haute est la suite de Tenir sa langue, qui avait déjà bien marqué les esprits lors de la rentrée littéraire d'automne 2022. Mais pas besoin d'avoir lu l'un pour lire l'autre !
Toujours dans ce style mi-autobiographique, mi-romancé, Polina Panassenko nous entraîne à Moscou, sur les traces de sa famille.
Après avoir passé son enfance en France, elle vient habiter chez son grand-père, chez qui elle passait ses vacances petite, afin de poursuivre ses études supérieures au Théâtre National de Moscou. En s'immergeant à nouveau dans la vie russe, elle incarne une jeunesse qui s'indigne de la réélection de Poutine, véritable mascarade de démocratie, et espère un autre avenir pour cette patrie dont elle se sent malgré tout un peu distante.
À mi-chemin, et à partir d'une révélation, l'histoire bascule dans l'enquête familiale : pourquoi son arrière-arrière-grand-père est-il mort si loin des siens ? S'éloignant peu à peu de l'école de théâtre, la narratrice (qui ne sera jamais nommée) part sur les traces de cet aïeul, un jour arrêté par la police et que l'on n'a plus jamais revu.
Le style est simple et fluide, on entre très facilement dans le texte. On se laisse porter par cette jeune fille un peu suspendue entre deux pays, qui n'exprime pas beaucoup ses émotions et semble toujours un peu là, mais absente, nous laissant le soin de réagir.
J'avais déjà une vague idée de ce qu'avait été la politique en Russie pendant et après la Seconde Guerre mondiale, mais le roman de Polina Panassenko m'a permis de mieux comprendre certaines de ses actions, ainsi que les conséquences qu'elles ont pu avoir sur les générations suivantes. Sans pathos ni effusions, et sans entrer dans la minutie des détails de l'enquête, cette jeune fille touchante et obstinée en quête de son arrière-arrière-grand-père, nous rappelle une partie de l'Histoire russe et la manière dont elle continue de résonner bien après.
Écrit par Amandine Deconynck